Chronique Ciné : Conjuring 2 : Le Cas Enfield

James Wan n’en est plus à son coup d’essai, Conjuring : Les dossiers Warren, avait étonné en 2013. Reprenant les codes de L’Exorciste, insistant sur une ambiance soignée et loin de la grandiloquence des productions d’épouvante contemporaines, Conjuring : Les dossiers Warren s’est vu couronné d’excellentes critiques et d’un succès certain.

 

3 ans plus tard, James Wan remet le couvert en nous proposant un deuxième volume des aventures de Ed et Lorraine Warren, celui ci s’appellera Conjuring 2 : Le Cas Enfield.

Londres, 1977

La famille Hodgson, composée d’une mère et ses 4 enfants, habite une maison anglaise d’un quartier populaire au nord de la ville, Enfield. Rapidement, Janet, fillette de 11 ans est prise d’angoisses grandissantes, semble somnambule, des voix parlent à voie haute, les événements gagnent en gravité au fur et à mesure que la situation évolue. C’est alors que l’église, informée des événements qui surviennent dépêche le couple Warren, lui même en proie à certains doutes, pour aller enquêter sur place.

Synopsis somme toute classique pour un film d’épouvante mais les surprises sont ailleurs.

Un des premiers éléments frappants, c’est la signature que semble apporter le réalisateur à ses productions. On y retrouve ce sens du cadre, la gestion des noirs et les plans souvent ingénieux qui donnent à la maison, un rôle à part entière dans le film.

A défaut de pouvoir apporter de l’originalité à une histoire déjà préconçue (puisque celle ci prend son inspiration dans la base d’évènements survenus à Londres en 1977, ayant fait du cas Enfield, l’un des plus connus des amateurs de paranormal), Wan apporte tout son savoir faire en terme de mise en scène.

Là où Conjuring : Les Dossiers Warren, s’autorisait quelques moments d’accalmie, Le Cas Enfield est lui, suffoquant du début à la fin. Il n’est pas question ici de laisser le spectateur sortir de la tension permanente instaurée par la maison elle même, et les méfaits qui s’y produisent.

On pourrait reprocher à Conjuring 2, un goût un peu trop prononcé pour les jumpscares, autrement plus nombreux que sur le précédent, il n’en reste pas moins qu’il excelle dès qu’il s’agit d’apporter la peur par l’invisible, le flou, le plan fixe ou le simple cadre.

James Wan fait de chaque changement de plan, une menace. Il joue astucieusement avec les rythmes habituels du cinéma d’épouvante pour mieux les retourner contre le spectateur.

Il utilise les effets spéciaux à bon escient, en ne cherchant jamais à faire de son film, une parodie de lui même qui pourrait tourner au mauvais goût. Wan use de tous les poncifs du genre, se les approprie et réussit à nous les renvoyer sèchement durant les 2h qui composent le film, usant de la malice nécessaire à surprendre un auditoire pourtant habitué aux schémas classiques et éculés du genre.

Comme tout grand film d’épouvante qui se respecte, Conjuring 2 propose une adversité menée par un esprit dominant qui poursuivra sa quête tout au long du film, malmenant aussi bien les Warren que la famille Hodgson. Il est à constater que cet esprit malveillant remplit son rôle à merveille en dégageant le charisme nécessaire pour asseoir un sentiment de peur à chaque apparition.

On retiendra la mémorable scène du tableau, menée de main de maître et au moins aussi impactante que la « clap scene » de Conjuring : Les dossiers Warren.

Peu de fausses notes au niveau du casting, Vera Farmiga et Patrick Wilson collent toujours aussi bien au rôle des Warren et la petite Janet, incarnée par Madison Wolfe saura se montrer convaincante. Il faut cependant avouer qu’aucun acteur ne perce littéralement l’écran, les prestations sont justes, et c’est déjà un bon point tant il est facile, dans le cinéma d’horreur, de tomber dans la caricature

Nous noterons tout de même quelques longueurs en milieu de film qui viennent malheureusement perdre le spectateur l’espace de quelques minutes, cassant un rythme qui semblait parfaitement maîtrisé jusque la.

J’ai trouvé ce film admirable dans son esthétique et son approche de la peur, froide et implacable. Il pêchera par contre dans son obsession du jumpscare, ce que ne faisait pas Conjuring : Les dossiers Warren, qui les incluait beaucoup plus rarement, et souvent à meilleur escient.

Conjuring 2 n’en reste pas moins une suite parfaitement honorable d’une saga contemporaine qui peut encore garder la tête haute face à ses illustres aînés.

 

Note : 4/5

 

Retour en haut