J’ai testé pour vous : Elder Scrolls Legends, Bêta !

« Môman, j’ai été choisi pour la bêta !!! » Normalement au mois d’août, je suis toujours le dernier choisi dans l’équipe des gros torses nus au camping… Bah là non, même que c’est M. Bethesda himself qui m’a choisi. C’est vrai que les bêtas chez eux, ils en ont bien besoin avec leurs jeux finis à la pisse de troll en général. Alors Elder Scrolls Legends (aka ESL), qui se la joue plus mature que Hearthstone, est-ce que ça vaut son gigaoctet ?

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Quadricolor, les 4 couleurs primaires

En été, rien ne vaut un bon strip-poker dans une tente avec ta cousine Mélissa et du Passoa, c’est vrai. Mais en attendant qu’elle porte plainte, HearthStone (HS pour les intimes) est devenu un phénomène vidéoludique année après année et je suis sûr que tu y as déjà goûté en scred. Le grand Magic l’Assemblée a vainement réagi, toujours avec ce nom de boys band des années 90, sans grand succès : trop austère, trop mou, trop pas HearthStone, etc. Mais après bientôt 3 ans d’un monopole qui ferait pâlir Guillaume Pepy, il y a peut-être un créneau à prendre sur le disque dur des joueurs. Et Bethesda, par l’odeur du blé alléché, vous tint à peu près ce langage promotionnel : « notre jeu, c’est pas pour les teubés de chez Blizzard« .

Car oui, dans l’ensemble, le défi est réussi. Autant le dire tout de suite, on se retrouve face à un jeu rapidement fun, car proche de son modèle Free2Play, mais lentement difficile, parce qu’il y a beaucoup de mauvaises habitudes à perdre. Legends se dévoile via un mode histoire qui va crescendo au niveau du gameplay,  avec des cinématiques agréables et une IA plus coriace que celle d’HS (c’était pas bien difficile). Ces 20 combats de mise en bouche posent tour après tour les subtilités du jeu et ses particularités. D’abord exit les 9 classes pré-conçues d’HS et bonjour votre héros unique avec des decks de couleurs « à la Magic » : Force, Intelligence, Endurance, Agilité et Volonté. Une ou deux couleurs maximum par deck, avec certaines cartes exclusivement bicolores.

Votre profil prend de l’XP donc et vous débloquez des petits présents à chaque level up : argent, paquet, upgrade de carte, titre honorifique, etc. En général, le jeu se veut plus généreux que celui de Blibli, avec plus de récompenses à tous les niveaux. Le système de quête journalière est bien entendu de la partie. Par contre, oubliez tout de suite les decks limités à 30 cartes et préparez vous à sélectionner au moins 50 cartes !  Car oui, il y a un minimum mais ensuite à vous de décider la densité de votre jeu et donc de vos synergies possibles. Vous comprenez déjà les possibilités qui s’offrent à nous ! Et ce n’est pas fini.

Contre-sloubi !

Les deux autres points vraiment subtils du gameplay de Legends sont le système de Lignes du plateau et les Runes. Le tableau de jeu se découpe en fait en deux bandes où les créatures (4 au max) ne peuvent s’attaquer en diagonal. De plus, à droite, vos créatures seront camouflées 1 tour, tandis qu’à gauche elle sont normalement à découvert. Cela permet un affrontement plus tactique où vous pouvez laisser un côté du plateau quelques tours à votre adversaire, tant que la menace n’est pas critique. Certains sorts permettent de déplacer un monstre, mais ils sont rares. Cependant attention, vous pouvez utiliser les cartes d’actions et les cris de guerre pour toucher toutes les créas, même les camouflées !

Les Runes, elles, permettent de limiter les decks très agressifs (appelés « face » dans le jargon) car tous les 5 points de vie encaissés, vous piochez une carte. Et mieux, si cette carte piochée porte le suffixe Prophecy, vous pouvez la jouer gratuitement pendant le tour de votre adversaire ! Imaginez le retournement de situation quand vous piocher une carte avec Provocation à poser gratuitement alors que votre ennemi pense vous achever ! Le système de Runes ajoute beaucoup de tactique aux affrontement, car il est parfois préférable de laisser son ennemi à 16 ou 11PV afin de ne pas le faire piocher, plutôt que d’augmenter son avantage en cartes. Cette possibilité de jouer pendant le tour adverse ajoute énormément de dynamisme aux parties.

Une carte légendaire assez puissante, un buff « +1/+1 all » à gauche de mon héros et une créature camouflée en bas à droite car je viens de la poser de ce côté du plateau.

Au niveau du gameplay, et toujours par rapport à Hearthstone, j’ai relevé pour vous une liste de changements intéressants, favorisant, là encore, souvent la défensive. Déjà il y a très peu de sorts puissants de type « Boule de feu du mage » (4 mana = 6 dégâts). On est plus dans dans un ratio de 1 dégât = 1 mana tout en sachant qu’il n’y a pour l’instant aucun monstre avec un « +magie ». L’accent est donc vraiment mis sur la gestion du board via vos créatures et des trades intelligents, surtout qu’il y a très peu d’AOE. Beaucoup de créatures possèdent le suffixe « léthal » (ou venin), ce qui favorise là encore la gestion du board adverse. Et la mana monte jusqu’à 13 contrairement à 10 pour Hearthstone, ce qui démontre le game design plus lent de Bethesda. Autre détail, les points de vie de votre Héros peuvent grimper à plus de 30. Là encore, c’est la volonté manifeste de faire durer les parties, quand HS empêche, par exemple, le Pretre de se soigner alors qu’il est à 30 et de perdre 2 manas sur un tour.

En plus des sorts habituels, ESL propose des cartes de Support, qui sont des cartes à utilisation multiple (type arme dans HS) ou des buffs passifs à la MMORPG. Plusieurs suffixes de carte très intéressants seraient à développer mais je vais simplement m’arrêter sur Breakthrough. Dans HS, si vous avez une créature 6/4 et en face une misérable 1/1, cette petite créature encaissera TOUS les dégâts en cas de trade. Alors Legends propose un système de Breakthrough sur certaines cartes qui permet de toucher la créature + le héros. Ainsi, avec votre 6/4, vous dispensez 1 point de dégât à la créature puis 5 au héros derrière. Logique et agréable.

Le Breakthrough en action :
Le Breakthrough en action : j’ai lancé ma 4/2 dans sa 2/3 provocation, résultat les 2 créatures sont logiquement mortes mais 1 dégat est passé jusqu’au héros adverse !

Everyday I’m Shufflin’

Au rayon des modes de jeu, nous sommes dans un copié/collé amélioré du maître étalon, avec ce mode Histoire assez intéressant et l’ajout d’un mode Arène Solo : 8 combats puis un Boss, voilà ce qui vous attend pour 150PO. Les récompenses en Arène sont également un peu plus généreuses en moyenne que sur HS. Le mode Versus Online possède seulement 12 Rangs (contre 22 pour HS) mais la progression est plus lente. Par contre, impossible de perdre complètement un rang : vous tombez simplement à -2 étoiles et il faudra cravacher doublement pour espérer monter. Ma progression a été beaucoup plus positive qu’espérée car je me retrouve actuellement au Rang 4 à combattre des joueurs Légende dont le 29ème mondial ce lundi ! J’enchaîne les parties avec moins de frustration qu’à HS, auquel je ne peux jouer qu’une heure ou deux maximum. Ma collection se remplie assez vite avec déjà 50% et quelques Légendaires.

Elder Scrolls Legends
Une vraie page de profil où vous pouvez choisir votre avatar (et le changer si bon vous semble), un titre sous votre pseudo (des dizaines à débloquer) et observer votre historique. Pratique ! Bon là par contre je viens de perdre 6 matches sur 8…

Graphiquement, le jeu se veut plus sobre que son concurrent. Le manque de contraste rend parfois la distinction des cartes moins évidente et l’ensemble moins fun que l’univers de Blizzard. Idem pour l’entrée en jeu maussade des cartes Légendaires, bien moins blingbling que sur HS, ce qui est regrettable. Cependant, l’optimisation est parfaite et même avec ma Asus T200 minable, le jeu tourne comme un charme ! Je dirais même mieux qu’Hearthstone pourtant sorti il y a 3 ans… Bon point donc et je pense que Bethesda n’aura pas de problème pour l’adapter au monde mobile.

Les transitions entre les menus et la navigation dans la collection sont un poil lentes et j’attends des avancées de ce côté.  C’est d’ailleurs dommage parce que le jeu propose une vraie page Profil avec des dizaines de statistiques et même un historique des 20 derniers matches ! Chose formidable quand on veut tester quelques matches un deck sans utiliser une tableau Excel à côté.

Enfin, autre bon point à distribuer, le logiciel Bethesda.net est plutôt plaisant à utiliser, bien loin devant ces horreurs d’Origin ou UPlay (on t’aime quand même Smiley). Allez, avant que vous lanciez des paquets de Doritos au visage (Paprika svp), je vais mettre un bémol ici ou là. Déjà la quantité de cartes neutres et leur intérêt est pour l’instant très limitée… Ensuite le côté froid de l’ensemble peut lasser je l’admets. Hearthstone possède ce côté jovial qui pousse à le relancer malgré la défaite.

Conclusion

Après une semaine intensive de jeu (au moins 5h/jour), je continue d’apprendre et d’y prendre du plaisir. Pour tout vous dire, je n’ai même pas relancé HS depuis ! Pour tous ceux qui adorent l’univers des Elder Scrolls et les autres lassés  par un HS trop Pet2Win4Kids, ce profond Legends propose une sacré alternative. En plus il vient de passer en Bêta ouverte depuis quelques jours, alors que les curieux mettent à profit leur bande passante et direction un futur topic dédié pour y parler stratégie les amis !

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