Battlefield 1 : Une bêta convaincante ?

Sorti en 2013 dans un état pitoyable, Battlefield 4 a attiré les foudres des joueurs au point de ternir la réputation de la licence auprès d’une communauté pourtant fidèle. La sortie d’un épisode canonique étant toujours un événement (on oubliera cet enfant bâtard qu’est Hardline), DiCE a en plus décidé de prendre le contre pied des tendances actuelles en opérant un virage à 180° vers la première guerre mondiale ! Battlefield 1 s’annonce donc très prometteur mais aussi attendu au tournant par ses fans ! Voici nos impressions.

Ce sentiment grisant que celui d’être sur le point de poser les mains sur un jeu que l’on attend depuis plusieurs mois avec la plus grande des impatiences. Fan absolu de Battlefield 3, j’ai été refroidi par la première année de Battlefield 4, dégoûté presque… Avant de le voir redresser la barre fin 2014, soit presque un an après sa sortie – tout de même !

Le choix de partir sur la première guerre mondiale était donc générateur d’impatience pour une communauté lassée des conflits contemporains ou futuristes, ce qui était mon cas.

Le temps pour moi de télécharger les 6,5 Go qui composent cette bêta version PlayStation 4, d’embarquer ce bon vieux Mad13Or dans une party, de fixer le casque sur les cages à miel et c’est parti !

Menus

Nous avons droit à la nouvelle UI Battlefield qui sera bientôt à considérer comme un hub unique aux jeux de la série. Ainsi, switcher d’un jeu à l’autre – qu’il faut évidemment posséder – deviendra bientôt un jeu d’enfants. L’interface est claire, lisible, ergonomique. La musique qui passe en arrière plan donne envie de bomber le torse et de partir faire une guerre qui s’annonce épique. Bref, je n’y vois rien à redire. Passons aux choses sérieuses.

La nouvelle interface qui regroupera : Battlefield 1, Battlefield 4 et Battlefield Hardline

L’aspect graphique et technique

C’est un domaine qui a toujours fait partie des points forts de la série. Battlefield 1 ne déroge pas à la règle et s’affine par rapport au précédent épisode. Moins d’aliasing, beaucoup moins de soucis d’affichage de textures, etc. Battlefield 1 est beau, très beau sur PlayStation 4.

On ressent immédiatement que Star Wars Battlefront est passé par la. Plongés dans la map Désert du Sinaï, on y retrouve les couleurs et les textures utilisées pour SWB. De même que la mise en valeur du soldat qui vous a tué sera l’exacte réplique des mécanismes initiés par Battlefront.

Très beau, certes, mais un sentiment de déjà vu m’a parcouru l’espace d’un instant. J’ai hâte de pouvoir parcourir des maps plus ternes, rurales afin d’y trouver une ambiance sale et pluvieuse comme le proposait la map Saint-Quentin lors de l’alpha fermée. Car pour le moment, il est compliqué de lui trouver une identité propre, surement à cause de l’ambiance posée par cette map désertique, similaire en terme de textures et couleurs à la map Jakku de SWB.

La destruction de l’environnement se voit une fois de plus affinée et il est absolument possible de faire de la map, un champ de ruines. Impressionnant, notamment dans le village. Ceci force le joueur à bouger et varier ses spots. DiCE a d’ailleurs décidé de renforcer l’impact de la météo évolutive en provoquant une tempête de sable qui réduira sensiblement votre champ de vision en extérieur. Une fois de plus, c’est bluffant !

Le framerate est quand à lui assez fluctuant entre 40 et 60 images par seconde à l’instar de Battlefield 4, mais ne gêne aucunement la progression.  Digital Foundry démontrait d’ailleurs que l’optimisation du framerate était bien plus aboutie sur les versions finales que sur les bêta des jeux DiCE (Battlefront en exemple). Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir.

Le contrat est rempli !

 

Level design

Pour être clair et concis, le level design est toujours de très haut niveau. On note 7 points à prendre sur cette map en mode conquête et ces derniers sont très variés. On passe d’un village typique à une colline, le tout en passant par une maison complètement isolée pour finir sur une gare ferroviaire de fortune piégée entre 2 points chauds. DiCE a du savoir faire et nous le démontre une fois de plus en nous proposant des points aussi nombreux que variés, pouvant convenir à tout type de joueur (sniper ou assaut).

Au niveau du gameplay, il y a par contre, énormément de choses à dire…

Gameplay général

On constate que notre avatar est plus lourd, que les mouvements prennent un peu plus de temps que dans les précédents volets. On y verra la une volonté de DiCE de marquer le fait que les équipements étaient bien plus lourds à l’époque, ce qui influait sur la capacité à se mouvoir pour les soldats. Néanmoins, il faudra à l’habitué pas plus de 10 minutes pour s’y faire.

Là où le jeu va diviser, c’est dans son exigence. Battlefield a toujours été un jeu demandant de la précision et une certaine retenue. Il s’avère que BF1 a décidé de se placer bizarrement. À savoir entre l’extrême simplicité de Battlefront et l’exigence relative de Battlefield 4. L’aide à la visée est plus présente que sur le précédent et les hitboxes sont plus tolérantes. Battlefield 1 s’ouvre donc à un public un peu plus large en se voulant plus permissif. C’est un fait qui m’a sincèrement fait peur lors de mes premières parties.

Par chance, l’expérience et le skill continuent de payer et le jeu se veut toujours aussi profond dans ses mécanismes. Bien que moins exigeant, il ne bascule pas pour autant dans l’insensé. Soyons francs, on a frôlé la catastrophe mais l’identité Battlefield se veut saine et sauve, même si certains hurleront face à une exigence revue à la baisse. Il est plus facile de sniper, la précision de tir se veut plus élevée que dans les précédents mais un novice ne pourra rien faire face à un joueur expérimenté, en tout cas pas en fonçant dans le tas.

Gameplay des véhicules et des atouts

Je note aussi divers soucis de réglages sur les véhicules blindés, bien trop puissants, notamment ceux sensés être « légers » qui sont un peu trop solides et redoutables à mon goût. De simples réglages à revoir au gré des retours de joueurs qui s’effectueront dans les prochaines semaines, très surement.

Je ne pourrais pas juger le gameplay des avions, n’ayant jamais été un joueur maîtrisant les airs dans la série. Je peux simplement dire que mes crashs ont donné de jolies explosions et de jolies baisses de framerate. 🙂

Les chevaux sont eux, un vrai bonheur à manier. Vous laissant le choix de votre arme (portée à une main) ou une épée. Ils sont une véritable force pour créer des brèches ou prendre par surprise quelques ennemis. Sans même parler de la sensation jouissive de voir un cheval au plein galop slalomer entre les explosions. Superbe entrée en matière !

On conclura avec le Béhémoth de cette map, j’ai nommé le train de la mort ! Celui ci est mis à disposition de l’équipe qui est en train de perdre par un trop grand écart. Son but étant de remettre à flot l’équipe perdante afin de rendre un peu de piquant à la fin de partie. Compte tenu du nombre de parties qui finissaient en spawn trap dans les précédents, je vois l’arrivée de ce genre d’atout d’un bon œil, sans même mentionner le côté très spectaculaire de leur apparition sur le champ de bataille. Pour autant, son influence m’a semblé correcte sans être abusive.

 

Il s’agit donc, en définitive d’un épisode qui divisera les fans, très clairement, mais qui amènera de nouveaux joueurs. À mi-chemin entre Battlefront et Battlefield 4, la conservation de son identité le sauve d’une ouverture grand public qui aurait pu le condamner dans le cœur de la communauté. Coup de chance ou coup de génie, je ne saurais le dire.

Vous l’aurez compris, il n’est pas question de dire que Battlefield 1 est devenu un Battlefront bis, mais on ne peut nier que ce dernier a eu une influence sur DiCE dans le développement de BF1, réellement palpable. Il n’en reste pas moins que ce Battlefield reste beaucoup plus varié dans son gameplay que SWB et surtout beaucoup plus profond… Ouf, il y a encore de la place pour l’apprentissage, la progression et la maîtrise !

L’aspect sonore

Y a-t-il besoin de faire plusieurs lignes sur un état de fait qui n’étonnera personne ?

L’immersion sonore est au delà du fantastique. Les avions en rase motte, les chars qui dévalent, les explosions, le bruit des armes, etc. Tout est exceptionnel. Le travail est absolument irréprochable sur toutes les productions DiCE, cet épisode n’est pas en reste !

Conclusion

Toujours aussi beau et immersif, Battlefield 1 nous plonge dans une première guerre mondiale version « Grand Spectacle » !

Nous attendrons les maps suivantes, qui colleront surement mieux à l’image que dégageait ce conflit. Quelque chose de gris, boueux et crasseux. Pour l’instant, on se contentera d’un désert magnifique mais avec un sentiment de déjà vu. Le gameplay se veut plus ouvert, peut être moins exigeant mais toujours aussi profond et stratégique pour peu que l’on y joue à plusieurs. On passe tout près de la correctionnelle mais j’ai pu y retrouver le sel de la série. Cette identité propre à Battlefield qui plait tant. En espérant que la recherche d’une accessibilité grandissante s’arrêtera la pour la série de DiCE, qui a joué avec le feu mais qui parvient à s’en sortir avec les honneurs. Ça promet !

 

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