Factorio : « Ne jamais faire soi-même ce qui peut être automatisé »

Voici quelques jours que j’ai découvert ce jeu méconnu sur PC, et vu comment celui-ci se révèle être une véritable drogue pour moi, je ne pouvais pas rater l’occasion de vous présenter ma nouvelle obsession.
En route pour la présentation d’un début de partie dans ce que j’estime être sans conteste un des meilleurs jeux du genre.

Factorio, c’est l’histoire d’un astronaute solitaire qui se crashe sur une planète alien. Il va devoir assurer sa survie et se défendre contre les natifs pas très beaux, mais surtout il va devoir développer une vraie usine, dans le but final d’assembler une fusée pour s’échapper de ce trou à rats!

Côté gameplay, Factorio peut sembler vu et revu au premier abord. Il s’agit d’une espèce de mix bâtard entre survival/action/gestion/stratégie, mais principalement axé sur le côté gestion. Le tout en open-world, avec une carte de taille infinie, et rogue like (mort définitive).
Graphiquement, c’est plutôt austère. J’irais même jusqu’à dire que c’est rebutant. Ce n’est clairement pas ce jeu qui mettra votre gros GPU sur ses genoux. Par contre, votre CPU lui n’aura pas de temps pour glander. Enfin si, un peu au début. Mais au fur et à mesure que votre base va grandir, il va devoir calculer des milliers de paramètres lors de chaque tick de jeu écoulé. Et il va y en avoir des paramètres!

factorio-mainbus

Charbon, Pierre, Minerai de fer et de cuivre

Tout commence lentement après notre crash sur la planète inconnue. Autour du site, on va repérer où se trouvent les différentes ressources de bases : charbon, pierre, minerais de cuivre et fer.
Le charbon sera utilisé en tant que source d’énergie, tandis que le reste servira à la construction d’outils, d’objets, de batiments, d’armes, et à toutes sortes d’autres crafts.

starting-zone

On va rapidement créer une pioche nous permettant d’extraire manuellement un peu de charbon, de pierre, de minerais et éventuellement de bois.
Afin de pouvoir utiliser le minerai, il va d’abord falloir le transformer, en le faisant fondre en plaques.
On construit donc un four (avec les pierres amassées) dans lequel on va placer le minerai de cuivre, ainsi qu’un carburant permettant d’alimenter le feu, du charbon ici.
Quelques secondes après, nous obtenons nos premières plaques, avec lesquelles on pourra créer quelques munitions, ou une armure par ex, histoire d’assurer ses arrières.

 

Next step : l’électricité

Après ça, on va sûrement vouloir mettre en place une production d’électricité. La seule solution possible en début de partie est l’utilisation de turbines à vapeur.
Il va nous falloir une pompe (qui va pomper l’eau d’un lac vers des tuyaux) pour commencer. Celle-ci va être reliée à des chaudières qui vont chauffer cette eau. Pour ça, on aura également besoin de charbon.
Une fois l’eau à température (100°), elle sera envoyée dans les turbines qui pourront transformer la vapeur en électricité. Après ça, il ne reste plus qu’à placer des poteaux électriques pour transporter l’énergie là où il y en aura besoin, pour l’éclairage comme pour alimenter des machines.

 

Le drame se profile

Et c’est là que le drame de Factorio commence à se dévoiler. Pour construire cette ligne de production d’électricité, il va falloir beaucoup de plaques de fer. Et construire des plaques de fer demande beaucoup d’opération manuelles, beaucoup d’aller-retours entre le charbon, le minerai et le four.
Il va donc falloir envisager d’automatiser* cela.
Pour l’extraction du charbon (et du minerai de fer) nous allons placer 2 « mines », qui sont des bâtiments extrayant ces ressources d’eux-mêmes, sans besoin d’intervention manuelle.
L’acheminement de ces ressources jusqu’au four se fera via des tapis roulants.
Et le chargement/déchargement de ces ressources se fera grâce à des bras robotisés.

A partir de ce maintenant, vous aurez une production de plaques de fer qui sera automatisée.
Et vous ferez pareil pour le cuivre.
Et là, c’est le début de la fin!
Vous allez mettre en place la production d’électricité, après quoi vous vous attaquerez certainement aux labos de recherche, permettant d’avancer petit à petit dans l’arbre technologique.
Les laboratoires auront besoin d’un certain type d’objets pour faire ces recherches, les « Science Pack ». Le craft manuel de ceux-ci étant très long, vous allez évidemment vouloir automatiser la construction de ces objets. Et ceux-ci ont besoin de plusieurs autres objets.
Il va donc falloir combiner différentes usines (permettant d’automatiser la construction de n’importe quel objet craftable), avec des tapis roulants, des coffres, des bras courts et des bras longs pour acheminer les ressources et objets nécessaires aux bons endroits.
Très vite, on obtient un vrai spaghetti digne de ce nom, où on ne retrouve plus rien.

 

Heureusement il est possible de déplacer gratuitement n’importe quel bâtiment, donc dès qu’on se rend compte qu’on est dans une situation spaghettienne, on peut sans pénalité réorganiser les tapis et bâtiments pour que les flux soient mieux optimisés.
Et ce sera indispensable. Les premières parties verront la création de véritables monstruosités, et ce n’est que partie après partie que vous allez commencer à trouver vos propres solutions d’optimisation pour chaque problème rencontré, vos propres « builds » permettant d’exploiter au mieux les ressources produites.

spaghetti

En progressant dans le jeu, on va apprendre des nouvelle technologies, qui débloqueront parfois tout un nouveau pan de gameplay. Je pense notamment au Raffinement de pétrole qui apporte son nouveau lot de problèmes avec la gestion de liquides, aux Robots logistiques et aux trains, qui eux apportent des solutions logistique pour certains cas précis (déplacement de grandes quantités sur des très grandes distances par ex.), ainsi qu’à l’énergie solaire, permettant de nettement moins polluer.

La pollution, on en parle?

Celle va augmenter au fur et à mesure que votre usine grossit. Il est possible de limiter celle-ci en optant par ex pour de l’énergie solaire exclusivement (avec les risques que ça représente : pas de production d’énergie durant la nuit), mais inévitablement, vous allez souiller l’environnement avec votre industrialisation capitaliste agressive.
Les natifs de la planète (aka les aliens) ne vont pas voir ça d’un bon œil, et assez rapidement viendront vous le faire savoir, par des petites (au départ) attaques sur votre base.
Il faudra donc également prendre cet aspect en considération (à moins de jouer en mode pacifique), et cela vous demandera d’affecter des ressources à la protection de votre base.
Des murs en béton, des tourelles (qu’il faudra veiller à alimenter en munitions), des radars, et autres joyeusetés plus évoluées (drones de combat, armures customisables, …) vous permettront de garantir que la moitié de votre base ne sera pas rasée avant que vous  n’ayez eu le temps de réagir.

 

On n’a pas le temps de s’ennuyer!

Dans Civilization, on se dit toujours qu’on va faire un dernier tour avant de quitter sa partie (et on en fait 20 en réalité). Dans Factorio, c’est encore pire! A chaque fois qu’on veut ajouter quelque chose à son usine, il faudra inévitablement compenser ailleurs. Ce subtil équilibre entre offre et demande est au centre du jeu, et il est tellement bien ficelé qu’on ne s’arrête jamais.
Il y a toujours quelque chose à faire. Entre l’augmentation du minage des ressources de base, l’optimisation de leur fonte, la production d’énergie, l’automatisation de la fabrication des objets qu’on se retrouve à souvent créer « à la main », la recherche, l’élargissement de la base (et des défenses/murs qui vont avec), l’optimisation de la chaine d’approvisionnement, les attaques des aliens et les excursions pour démolir leurs bases, vous n’aurez pas une seconde pour vous ennuyer!

C’est le moment de vous dire : FONCEZ!

Bon évidemment, le genre « gestion » ne s’adresse pas forcément à tout le monde. Mais si vous êtes un tant soit peu intrigués par le concept, ou que vous êtes amateur du genre, n’hésitez pas une seule seconde. Il s’agit réellement d’un des meilleurs jeux du genre!

Une démo gratuite est disponible sur Steam (ou sur le site de Factorio), et vous donnera un bref aperçu des mécaniques de base. Assez pour vous décider d’investir dans la version complète, qui est vendue à 20€.

Steam :  http://store.steampowered.com/app/427520/?l=french

Le jeu est actuellement dispo en early acces, à la version 0.14. Il s’agit d’une version déjà très bien finie, où tout problème de performances ou bugs ont été corrigés depuis belle lurette.

La prochaine version sera la 1.0 et est prévue pour février 2017.  Celle-ci devrait améliorer les graphismes (beaucoup de modèles étant refaits en version hd), ainsi qu’amener encore de nouvelles possibilités, telles que la production d’électricité depuis des centrales nucléaires.

Les développeurs sont d’ailleurs fort actifs, et postent régulièrement des articles très intéressants sur l’implémentation de certaines features :  https://www.factorio.com/blog.

 

Vous l’aurez compris, ce jeu a toutes ses chances pour être mon GOTY 2016!

Il est sorti de nulle part, n’avait absolument l’air de rien, et il m’a suffit de lui laisser sa chance 30 minutes pour qu’il engloutisse directement 40 heures de ma vie en une poignée de semaines. Méfiez-vous!


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