Motorsport Manager : la gestion qui fait vroom vroom !

16 ans ! L’âge de Kevin lors du but de Trezeguet en finale de l’Euro 2000. Mais aussi le nombre d’années que les fans de gestion automobile ont dû attendre pour enfin retrouver un jeu digne de ce nom. Tout commence en 2013, quand le jeune Christian West développe seul dans sa chambre un jeu pour IOS. 3 ans plus tard et un succès sur mobile voilà que la version PC se dévoile.

Les jeux de voitures on connait tous ça depuis Vroom (5 ans de R&D rien que pour le titre), c’est même tellement bankable qu’on nous fait jouer au foot avec. Alors forcément avec le succès de la série FM fallait bien sortir un jeu de gestion pour continuer tout ça.

Dès l’intro, on sent que ce jeu a été réalisé par un fan pour des fans. Le bon son bien aigu d’un v10 de F1, le carbone chauffé et la bonne voix off qui nous fait monter la pression (des pneus haha) ! A toi Jacky (merci à cet allemand pour cette belle capture) !

Arrivé sur l’interface de base, c’est plus que propre, bien dans l’air du temps, ergonomique, avec un OST sobre et de qualité. Bref, pour un premier jeu c’est déjà mieux que Konami depuis… pfiou… toujours ?

Les modes de jeu

Niveau modes de jeu, du grand classique : un mode carrière très complet mais on verra ça plus bas, un mode course rapide et un mode défi (basé sur le mode carrière). Depuis peu, le workshop a été mise en place, mais je n’ai pas encore vu de mod revolutionnaire. Même si la communauté est très active, pour l’instant elle est peu nombreuse. Je ne doute pas que dans les mois à venir on pourra y trouver des perles. De toute façon, les dev suivent leur jeu comme leur petit enfant et ont déjà sorties 2 DLC gratuits plus 1 payant qui rajoute les GT, le tout en 3 mois.

Je vais passer comme son nom l’indique rapidement sur le mode course rapide. C’est tout con, tu cliques, tu choisis ton championnat, puis ton équipe, les paramètres de la course : durée, qualif, etc… tu lances et c’est parti. J’y ai personnellement pas foutu les jantes, vu que c’est la même chose qu’en carrière, le côté gestion en moins et c’est con pour un jeu de gestion 😀

Le mode carrière

Pour le mode défi, c’est le mode carrière avec quelques contraintes. Actuellement, vous avez le choix entre une multitude de défis différents… Deux. Le premier est classique. Vous dirigez l’équipe la plus pourrie du championnat le plus faible et la faites progresser jusqu’à remporter la F1. Le second est plus subtil, vous commencez dans une équipe moyenne du championnat le plus pourri et petit à petit par vos victoires (et le licenciement de vos concurrents), vous devez vous faire embaucher par de meilleures équipes pour finir dans une top team style Mercedes (Steimann Motorsport dans le jeu, ils ont des idées mais pas d’argent) pour le même résultat. Si vous y arrivez, vous gagnez bien sur le respect de votre propre personne et un succès steam, de quoi vous remplir de joie.

Une fois le défi choisi (ou la carrière classique) vous créez votre avatar avec déjà un choix stratégique : son passé. Ex-ingénieur, ex-pilote, financier ou… rien (beh quoi le mec il sort de pole emploi avec un BEP maconnerie et il veut diriger une équipe de F1 et alors ça vous choque ?). Les trois premiers offrent un bonus, le dernier non, ou alors pour monter des murs mais ce n’est pas indiqué !

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Jacky Truelle le Jean Todt de la maçonnerie

Mais alors après tout ça vous allez dire « y a quoi dans ce mode carrière ? » Eh bien plein de choses ! Vous devez gérer la globalité de votre écurie avec un patron plus où moins cool selon l’équipe que vous avez choisi. Forcément le président de Rossini (il aime bien les tournedos…) est plus exigeant que celui de Citrono Pipo.

Dans le paddock

D’entrée vous devez construire votre bolide, enfin ça sera un bolide si vous en avez les moyens, plusieurs choix sont à faire sur l’orientation des forces de votre voiture : usures des pneus, températures, efficacité du carburant et amélioration. Après la partie technique, la partie esthétique : vous choisissez les couleurs et le skin.20170225000346_1

Ensuite vient la gestion du petit personnel, vous embauchez votre chef ingé, les deux chefs mécanos (un par tracteur) et vos 3 pilotes. Chacun des postes a ses spécificités et ses stats, vos choix seront important pour vos stratégies futures sur la piste. Par exemple, vos chefs mécanos peuvent avoir un talent qui use moins certains type de pneus, d’autres qui facilitent les arrêts au stands … Rien que la conception de votre équipe joue beaucoup sur le gameplay et ça c’est bieng ! Au delà de la stratégie sur la piste, elle conditionne aussi vos finances, et les pilotes « sponsors » ont leur utilité.

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Enfin vient le développement de votre siège, le cœur de la machine. Vous avez 14 bâtiments potentiels au total, ils ont tous leur utilité et leur impact. Il agissent sur le niveau des pièces de votre voiture, sur le développement de vos ingés, de vos pilotes et sur vos finances. C’est là dedans que vous allez passer toutes vos économies. Les choix sont là aussi très stratégiques et dépendent de vos finances et des règles de vos championnats.

Une fois toutes ces bases posées, il faut s’attaquer au développement de chaque pièce de voiture. Ne croyez pas que votre bolide à 5M€ n’a même pas de freins, c’est juste qu’il a des freins de base ce qui n’est guère mieux 😛 . Comme en vrai, tout au long de la saison, selon vos moyens, le niveau de votre ingé et celui de votre siège, vous allez pouvoir améliorer des pièces spécifiques : freins, moteur, transmission, suspensions, ailerons avant et arrière. Feinte 1 : vous pouvez développer des pièces très performantes mais illégales avec un niveau de risque. Si vous vous faites choper, pénalités et pièces interdites (c’est votre Pénélope à vous). Feinte ultime selon les règles du championnat, certaines pièces seront les mêmes pour toutes les écuries, pas le droit de les faire évoluer. D’où le côté stratégique du développement du siège, pas besoin d’améliorer sa piste d’essai si on a tous le même moteur.

Mais là où la feinte ultime est feinteuse, c’est que les règles peuvent changer d’une années sur l’autre … et en plus vous avez un impact là dessus (quand je vous dis qu’ils ont plein d’idées). En gros, chaque année il y a 4 où 5 votes pour rajouter, supprimer ou modifier les règles de votre championnat. Chaque patron d’écurie à un vote sauf s’il s’abstient au vote d’avant (faut suivre :P), encore des choix a faire selon vos points forts et les points faibles de vos adversaires. Petit plus, parfois l’ordi peut vous proposer quelques milliers d’Euros contre votre soutien, propre l’ordi !

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« Vous êtes tous des corrompus ! » Moundir.

Pour finir sur le hors piste, vous devez aussi gérer les sponsors mais c’est très (trop?) sommaire et classique. Bon c’est bien beau tout ça mais ça donne quoi sur la piste ?

Sur le bitume !

Eh bien ma bonne dame, c’est tout aussi fourni et plaisant. Un week-end de course se déroule en 3 étapes.

1ère étape : les essais.

L’étape stratégiquement la plus importante, elle vous permet de trouver les bons réglages, de voir l’usure des pneus, etc… Ne jamais simuler (:D) les essais c’est ce qui fait le sel du week-end de course.

2ème étape : la qualif

Du classique, vous lancez vos pilotes avec les bons setup et vous gérez la température des freins et des pneus pour réaliser le tour parfait. C’est aussi dur à faire que simple à écrire. Un gameplay facile mais prenant !

Et forcément pour finir, la course, le gros du taff. Vous devez tout gérer, la stratégie, le rythme, la météo, l’état de votre voiture, la safety car etc … Bon j’avoue que si vous avez une bon pilote et une bonne bagnole, tout à tendance a bien se passer. Dans le cas contraire, vous apportez une vrai plus-value et votre maîtrise peut faire la différence.

L’IA s’améliore de patch en patch mais elle n’est pas encore très coriace, faisant des erreurs stratégiques assez grossières surtout quand il pleut. Je n’ai pas tester encore le dernier championnat contre les meilleures écuries et pilotes, en espérant que la F1 soit un vrai défi. Il est possible que dans un futur proche, un mode online arrive, ce qui peut vraiment être génial.

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Le doublé de la facilité !

Au final, on se retrouve avec un vrai bon jeu de gestion mécanique très complet, graphiquement très propre et franchement prenant. J’y ai passé déjà plus de 200h et il me reste encore la F1 a découvrir. Avec le dernier DLC qui rajoute les GT, avec une gestion différente des véhicules et des qualif, je ne suis pas au bout de mes surprises, surtout que les dév vont continuer à étoffé leur jeu. Pour un premier essai, c’est pour moi un coup de génie, je le trouve même plus prenant qu’un FM. Dernier plus, vous pouvez choisir une version light niveau graphique pour jouer sur n’importe quel PC portable. Allez, foncez dans le bac à gravier 😉

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