Bokida : Monochrome mais pas monotone

Bien accueillis par la critique après une première phase de développement pour un projet de fin d’étude, les Français de Rice Cooker Republic ont mis trois ans à peaufiner Bokida. Simpliste à première vue, le jeu se révèle comme une expérience unique.

Depuis quelques années, je me suis découvert une passion pour les jeux indés aux graphismes minimalistes. Lorsque j’ai entendu parler de Bokida pour la première fois, on ne peut pas dire que j’ai été spécialement emballé par l’aspect affiché sur les aperçus. Il aurait été toutefois dur de ne pas laisser sa chance au produit, moultes fois vanté par le célèbre casteur Mister MV qui est à l’origine de la bande son (on y reviendra). Coup de bol, en me rendant sur la page Facebook du studio de développement, je vois qu’ils distribuent des clés Steam pour les personnes souhaitant tester le jeu avant sa sortie. DDP était un argument idéal pour tenter ma chance, histoire de vous livrer des impressions en avant-première, après une semaine plongé au coeur du monde si particulier de Bokida.

Ombre et lumière

La vidéo d’introduction visible au lancement du jeu a le mérite de tout de suite mettre dans l’ambiance et le programme est alléchant. On se retrouve plongé dans un monde mystérieux où les couleurs sont absentes, l’obscurité et la lumière se livrent dans une dualité permanente, le clair et le sombre vous happant chacun dans leur apparente couche enveloppante. Ce contraste, à la base du jeu comme vous l’aurez compris, donne à Bokida une patte visuelle originale, seuls les contours du monde et des objets qui vous entourent sont visibles, noir sur blanc, blanc sur noir. La première mission est de s’y retrouver dans ce qui semble être un infini monochrome fascinant. On remarque un univers qui semble très marqué par le folklore japonais, avec des temples immenses et des forêts aux accents Miyazakiens.

Les captures rendent difficilement hommage à la beauté du jeu…

Place aux énigmes

Très vite, on comprend que le jeu va nous laisser livrés à nous-mêmes pour en venir à bout, ce qui n’est pas forcément un mal à une époque où les développeurs ont trop tendance à nous prendre par la main pour qu’on aille là où ils souhaitent qu’on aille. Bien heureusement, le prologue est accompagné d’un petit tutoriel vous expliquant les différentes possibilités qui s’offrent à vous. Les déplacements, évidemment, les sauts et la possibilité de planer en plein air pour ralentir les chutes. Il n’y a pas de points de vie à perdre ou à gagner, mais contrôler ses sauts s’avèrent être une donnée importante pour atteindre certaines zones. On vous livre ensuite les quatre possibilités d’action qui s’offrent à vous pour avancer dans le jeu : créer des blocs, découper, pousser et effacer. Switcher entre les quatre est simple, il suffit d’appuyer sur le bouton de la croix directionnelle qui correspond à l’action. Le panel est affiché à l’écran et c’est le seul élément qui apparaîtra sur votre HUD.

Les premières énigmes sont simples. Mais ça se corse par la suite…

Vient alors le temps des premières énigmes à résoudre pour pouvoir avancer dans ce monde mystérieux. Les habitués du genre ne seront pas dépaysés, il s’agit de trouver les grands piliers qui s’élèveront sur votre route et de trouver la solution pour en changer la couleur et débloquer un accès vers un nouveau monde. Devant la vaste étendue blanche qui s’affiche devant vous et le peu d’informations livrées par le jeu, vous vous apercevrez vite qu’il n’y a pas vraiment de chemin type à suivre. Au fil de votre avancée, vous débloquerez ainsi de nouvelles couleurs pour sortir ce monde de sa monochromie ambiante. Je n’en dis pas plus, à vous de découvrir la suite !

La musique, cerise sur le gâteau

Comme je le disais en introduction, l’ambiance sonore permet définitivement de vous happer dans Bokida. Fruit de plusieurs mois de travail de la part de Xavier Dang, aka Mister MV, elle est la touche finale d’un monde définitivement apaisant. Si le gameplay peut donner l’impression de se retrouver dans une version minimaliste de Minecraft, la musique, elle, m’a rappelé ce qu’on pouvait vivre dans FEZ. Chaque zone possède son propre morceau et il faudra tendre l’oreille pour s’apercevoir qu’on se dirige vers une nouvelle énigme. Loin d’être envahissante, elle est un complément idéal pour finir de poser l’atmosphère de Bokida.

Si vous êtes passionné(e) de jeux d’énigmes à la première personne, Bokida est fait pour vous. Son atmosphère apaisante vous offrira une bouffée d’air frais bienvenue au sortir de vos longues journées de boulot, à condition bien sûr d’être prêt à se creuser un peu les méninges !

Disponible dès demain (17 mai 2017) sur Steam.

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