[Cinéma] Spider-Man Homecoming

Vous allez vous dire pourquoi un article sur ce film là ? Il y’a tout un tas d’autres films et le deuxième film à avoir droit à un article ici, c’est ce Spider-Man Homecoming.
D’une, vous aviez qu’à faire des articles et surtout de deux, j’ai choisi de parler de ce film car il y’a quelques jours j’ai été vexé. Que dis-je ? J’ai été meurtri des propos de Lucho et Carlo et…. Bocks à priori, dans le Podcast #3 du site


Les Comics de Spider-Man ont accompagné mon adolescence aux cotés de quelques mangas, bd diverses ou magazines pornos. J’attendais donc avec impatience la sortie de ce film, d’autant plus que j’avais bien aimé l’introduction de Spidey dans Captain America : Civil War.
J’étais pressé de remettre l’église au milieu du village, venir démontrer à ces messieurs voire plus que Spider-Man était THE super héros. Mais ça, c’était avant d’entrer dans la salle de cinéma….

Le MCU

Avant de parler de Spider-Man, recentrons les choses. Marvel Studios a décidé en 2005, devant le succès grandissant des films de super héros, de créer le MCU, Marvel Cinematic Universe soit l’Univers Cinématographique Marvel si vous êtes nuls en anglais.

Les seuls super héros dont ils avaient la totalité des droits étaient les Avengers, dont leurs principaux héros Iron-Man, Captain America, Hulk et Thor. Loin de décourager la boite de production, ces 4 personnages deviendront le socle du projet MCU auquel viendront s’incorporer tous les super héros « secondaires » ou moins connus de l’univers Marvel, et dieu sait (ou les fans) qu’il y’en a un paquet. Tel un certain personnage public, les rêves de cross-over, devenus coutumes dans les Comics version papier, sont en marche.

Là où le bat blesse, c’est que 3 franchises historiques manquent à l’appel. Les X-Men et 4 Fantastiques qui sont propriété de la Fox et surtout Spider-Man qui appartenait à Columbia. Les deux maisons de production n’ont d’ailleurs pas hésité à exploiter leurs droits à fond avec de nombreux films pour chaque franchise.

Après un rachat de séries moins médiatisées (quoique…) comme Ghost Rider, Blade, Daredevil, Punisher, Marvel Studios annonce en 2015 qu’un accord a été trouvé avec Sony pour que Spider-Man puisse rejoindre le MCU. Après une entrée en matière dans Captain America : Civil War, voilà qu’enfin Spidey à son film à lui et qui s’intègre à la politique de Marvel Studios (passé sous le pavillon Disney en 2015).

 

 

SPIDER-MAN ACTE 3…

On se retrouve donc avec un sixième film dédié à l’Homme-Araignée sur un espace de 15 ans, et un deuxième reboot en 5 ans (en ne comptant pas l’apparition dans Civil War). Voilà de quoi faire tourner bien des têtes, et qui aura sans doute une importance au moment de faire ce film.

En effet, dans ce Spider-Man Homecoming, point de piqûre d’araignée (tout juste suggérée à la va vite dans un dialogue), point d’oncle Ben (c’est toujours un succès….ouais bon elle était facile) qui se fait buter pendant que Peter Parker s’amuse avec ses nouveaux pouvoirs à faire du catch sauvage. Non, rien de tout ça, comme si Marvel Studios avait décidé qu’on savait tout et que ce n’était pas la peine de tout ressasser.
Dans le fond, l’intention est louable, il est vrai que revoir une 3e fois cette mise en place de l’histoire aurait pu être un peu lourd. Mais le problème est ailleurs….

Là où la version Sam Raimi et la version Marc Webb (il porte bien son nom lui tiens) se permettaient quelques libertés dans l’histoire (Mary Jane/Gwen Stacy, lance-toiles naturels/mécaniques, ou autres….), ici tout est nouveau. Absolument tout. Et pour un fan comme moi, qui avait lu pas loin d’une cinquantaine de comics de Spider-Man plus jeune, c’est absolument dégueulasse. Tout simplement.

TOTAL RECALL

Marvel Studios/Sony/Disney/Columbia (incriminez qui vous voulez) a tout simplement réécrit tout le background de Peter Parker. Il faut quand même savoir que ce qui a fait le succès de ce Comic c’est que Peter Parker était, de loin, le super héros auquel pouvaient le plus facilement s’identifier les lecteurs. Ado un peu maladroit dans une vie qui est juste banale, passionné par les sciences et tête de turc de la classe, qui se retrouve à gérer un pouvoir fantastique en même temps qu’il doit aussi gérer son passage à la vie adulte. Il doit apprendre à mener de front vie professionnelle pour payer ses études, vie sentimentale avec Gwen Stacy puis Mary Jane Watson et vie de super héros tout en préservant ses proches de ses actes. Bref un petit jeune banal à qui il arrive l’impossible et auquel il est facilement possible de s’identifier. Cette gestion de sa double vie est juste ce qui tient tout le Comic depuis sa création.

Ici, tout est balayé d’un revers de main, on retrouve juste l’ado au lycée qui vit avec sa tante May. Même cette dernière ne respecte pas la tante May de la BD. On a ici droit à une tante May loin du cliché de la vieille dame. Cette May là, elle est…. séduisante. Ouais ouais, c’est une milf (Marisa Tomei pour la recherche Google/Sopalin) qui n’a pas l’air d’avoir tant morflé que ça dans le passé, même si là aussi, c’est évoqué vite fait dans le film.

J’ose pas parler de ses amis…. un désastre.

Point de Gwen, MJ, ou Harry. Tout juste un Flash, plus proche de Cyril Hanouna que de la star de Football du lycée, dans son rôle de provocateur. Et puis si, allez, une petite référence à Betty Brant (secrétaire de J. Jonah Jameson au Daily Bugle).

La BD ayant été crée fin des années 60, le Comic dépeint un univers très « blanc ». Les minorités ne sont que très peu présentes dans le matériau de base, on peut donc aisément comprendre que dans la version 2017, on veuille moderniser cette vision et apporter la touche de diversité à l’univers. Sauf que là….

En effet, Gwen/MJ sont remplacées par Liz, une jeune métisse qui est le fantasme de Peter et son meilleur ami Ned, sur lequel on va revenir plus tard. Liz est censée représenter Liz Allen qui existe bien dans la BD. Mais son personnage est complètement détourné dans le film ce qui fait qu’elle ne devient qu’un clin d’oeil à moitié réussi.

Et puis il y’a Ned, le fameux Ned….. ce métis asiatique/black/indonésien je ne sais quoi, un chinoir quoi. Histoire de représenter un maximum de population, autant réunir tous les clichés en un personnage. Et c’est Ned qui décroche la timbale. Ses origine chinoir lui offrent la chance d’être l’obèse geek un peu attardé de qui on se moque mais qui deviendra important…. ou pas loin.

Je ne parle pas de Michelle Jones cette métisse mystérieuse, garçon manqué, sarcastique qui veut qu’on l’appelle…. « M.J » (si c’est un clin d’oeil, il est pourri messieurs les producteurs).

Bref, tout ce qu’on connaissait de Spider-Man n’existe presque plus

SPIRON-MAN

Ce film étant inclus dans le fameux MCU décrit plus haut, il était logique de retrouver des éléments voir personnages d’autres films de ce même MCU.

Pas manqué, Tony Stark tient une place prépondérante au scénario. Il revêt même une importance capitale dans cette nouvelle vision de Spider-Man. Ici on a droit à un Peter Parker qui lui doit tout. Si il veut être un super héros, il a besoin de l’aval du riche scientifique.

L’histoire du film prenant place juste après l’intervention de Spidey dans Civil War, il doit se voir contraindre d’attendre des nouvelles de Stark avant de se manifester et d’agir en tant que super héros. Bien sur, notre jeune Peter, impatient de devenir un Avenger, ne peut prendre son mal en patience et part en quête de gloire en essayant d’intervenir pour des faits divers avec plus ou moins de réussite. Jusqu’au moment où il va tomber sur une bande de mecs plus forts et surtout mieux équipés qui lui donneront du fil à retordre, de quoi l’intriguer suffisamment pour pas attendre le signal et le feu vert de Stark. On est loin du super héros solitaire en proie au doute à cause du danger qu’il apporte à sa vie privée….

Tant qu’a tout oublier du bordel original, allons à fond dans la carte Avenger. Donc oublions aussi le Peter Parker qui se fait son costume de Spider-Man tout seul, ses lances-toile tout seul. Sa combinaison est une combinaison Stark Industries. Qui s’adapte au corps par une pression sur un bouton, qui dispose d’un drone dans le sigle de l’araignée, qui offre à Peter une visière avec divers affichages possibles et mieux….qui parle….Bref, un costume d’Iron-Man avec le skin de celui de Spider-Man. En un mot …dégueulasse.

Plus globalement, plus qu’un film sur Spidey lui-même, l’omniprésence suggérée ou physique des Avengers et/ou Captain America donnent le sentiment d’avoir un spin-off d’un de ces deux films plutôt qu’un vrai film sur Spider-Man.

Je n’ai pas le souvenir que les premiers Iron-Man, Captain America, Thor ou Hulk étaient tant rattachés immédiatement à ce cross-over tant voulu par Marvel Studios et leur MCU. Le film n’est pas indépendant avant de venir se lier au MCU. Il a certes sa personnalité, plus enfantine que les autres productions, mais cette impression de spin-off rabaisse grandement l’aura de Spider-Man alors qu’il est l’un des super héros les plus populaires au monde et sans doute le plus connu de Marvel…

J’en profite pour demander ouvertement si ces même super héros avaient vu leur histoire autant détournée dans les films ou si il y’avait quand même une fidélité à l’oeuvre de base avant d’entrer dans le moule du MCU/Avengers.

 

DU POSITIF ? 

Il y’en a un peu malgré tout, soyons honnêtes.

Tout d’abord, Tom Holland. J’avais adoré Tobey Maguire bien que trop vieux pour le rôle, j’avais pas aimé Andrew Garfield avec sa gueule de … je ne sais pas quoi mais j’aimais pas sa gueule (ça c’est de l’argument). Et bien je trouve que le choix de Tom Holland est parfait. Il a la gueule de l’emploi tout simplement. L’ado/geek/coincé mais qui prend la confiance quand il a le costume, c’est lui. Pour ça, on peut au moins dire qu’ils ne se sont pas trompé.

Michael Keaton est aussi très bon dans son rôle, un peu de sur-interprétation par moments, mais rien de gênant. Son rôle du Vautour est sous-développé certes (surtout quand on connait la complexité du personnage dans la BD), mais il arrive quand même à tirer son épingle du jeu. Ce monsieur est un grand acteur et ça se voit.

Autre point fort du film, SELON MOI, et qui pour le coup est fidèle à la bande dessinée, c’est l’humour. On a un Spider-Man qui aime l’ouvrir, provoquer, s’amuser de ses adversaires. L’humour est présent tout au long du film, et quand il suit l’humour original de la franchise, il est bien utilisé, sinon…..(les délires avec son pote chinoir obèse Ned par exemple…)

Sinon, la réalisation est plutôt bonne. C’est dynamique, beau, la 3D rendait bien et c’est emprunt de patriotisme (aaaah Spider-Man qui passe devant le drapeau américain flottant) et cet ode au capitalisme avec la lutte des riches/Avengers contre les pauvres/méchants, j’avais la larme à l’oeil en repensant à l’élection de Trump…. mais là je m’égare

CONCLUSION : LA MORT DE SPIDER-MAN ?

Je serai tenté de répondre par l’affirmative tant on s’éloigne en tout points de ce qu’est Spider-Man en bande dessinée. Je ne répéterai pas tout ce que j’ai dit plus haut, mais pour un fan comme moi de l’Homme Araignée, la déception est grande. Bien que la volonté de pas répéter une troisième fois un scénario déjà vu deux fois au cinéma soit louable et compréhensible, une telle refonte de tout l’univers Spider-Man ne l’est pas. Le MCU dessert plus qu’autre chose l’Homme-Araignée je trouve.

Néanmoins, ça ne choquera surement pas ceux qui découvriront Peter Parker avec ce(s) film(s) du MCU. Au contraire même, pour eux le film se veut moderne, plutôt drôle, qui va s’inscrire dans la lignée de ce qu’ils voient avec les autres Avengers en apportant une touche de jeunesse et humour à la bande. Même pour ceux qui veulent voir un film sans prise de tête pourront passer un bon moment devant ce Spider-Man Homecoming, bien que le scénario soit plutôt prévisible. De plus, je le répète, je trouve Tom Holland parfait dans le rôle.

Donc au final, oui, dans un sens ils ont tué Spider-Man et ça fait mal que ça vienne de Marvel Studios eux-même. Mais dans l’autre, non, Spider-Man s’offre un reboot, un vrai, ou même le Comic est quasiment effacé des tablettes, et il a pas mal d’arguments pour plaire aux nouveaux fans de l’Homme Araignée, n’en déplaise aux vieux cons comme moi

 

COMMENTAIRE POST-GENERIQUE

Ah oui, j’allais oublier…

Dans les MCU, il est devenu de tradition que l’on ait droit à une scène post-générique de fin qui introduit un personnage de l’univers Marvel gentil comme méchant que l’on doit se préparer à retrouver dans un futur plus ou moins proche (j’attends toujours Howard The Duck). Et bien ici on ne déroge pas à la règle. Il y’a même deux scènes. Une première à l’inter-génériques, vu que le film en a deux, qui ne sert strictement à rien.
Par contre, celle de la toute fin est plutôt marrante. Les 6 personnes qui restaient dans la salle (dont ma fille (qui elle a aimé, la conne) et moi) avons plutôt bien aimé.

Si vous comptez aller voir le film et si vous comptez tenir jusque là, je ne dévoile rien et vous laisse découvrir.

 

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